Calendrier des activités


Maisons > Patrimoine et architecture


Maison Hamel-Bruneau

Alors que les villas et cottages se multiplient sur le chemin Saint-Louis, il n’est pas surprenant que Michel Hamel délimite un terrain pour y bâtir une résidence saisonnière, qu’il pourra vendre ou louer. Sur un bail signé en novembre 1857, il est fait mention d’une « maison nouvellement construite, du côté nord du chemin Saint-Louis ». Selon toute vraisemblance, il s’agit de la maison, édifiée en 1857 ou l’année précédente.

Pour en savoir plus

En 1793, Murdoch Stuart, trésorier de l’armée britannique, acquiert la terre des Pelletier et l’arrière-fief de Monceaux. Il conserve l’arrière-fief et vend la terre voisine à l’ouest au cultivateur René Stanislas-de-Koska Hamel. Celle-ci s’étend sur quatre arpents de front à partir du fleuve Saint-Laurent jusqu’à l’ancienne route Saint-Ignace (boulevard Laurier). La propriété comprend une maison, deux granges et une étable construites en bois.

Michel Hamel, né en 1806, petit-fils de René Stanislas-de-Koska, ne cultive pas la terre à la suite de son père. En 1846, il exploite une carrière de pierre. En 1851, il est mesureur de bois dans les anses de Sillery. Il habite une maison en bois d’un étage et demi avec sa famille. Une autre maison est inhabitée sur leur terre. Propriétaire d’immeubles à Québec, Hamel devient juge de paix et fera partie du premier conseil municipal de Sainte-Foy en 1855.

Destinée à la villégiature, la maison est louée pendant la belle saison, avant d’être habitée à longueur d’année. En 1951, le comptable Paul Bruneau s’en porte acquéreur. Classée monument historique par le gouvernement du Québec en 1978, la maison est achetée en 1984 par la Ville de Sainte-Foy, qui entreprend de la restaurer. En 1987, elle ouvre ses portes en tant que centre d’exposition et de diffusion des arts et des sciences. Les divisions intérieures, l’escalier central, les foyers (avec les manteaux des deux cheminées principales) et les boiseries ont été conservés. La grange-écurie, à l’arrière, a été refaite d’après le modèle initial.

Du point de vue formel, la maison Hamel-Bruneau se rattache au cottage anglais de la fin du 18e siècle. Plus qu’un style architectural, le mouvement pittoresque repose sur l’harmonie des interventions humaines dans l’environnement naturel. La galerie couverte par un toit débordant, le treillis décoratif pouvant supporter des plantes grimpantes et les grandes fenêtres favorisent la communion avec la nature pendant les belles journées d’été.

Le cottage emprunte aussi au style Regency popularisé en Angleterre pendant la régence du prince de Galles, futur roi George IV, à la fin du règne de George III, de 1811 à 1820. Son néoclassicisme, dérivé du style Adam simplifié, se caractérise par la symétrie des composantes, la sobriété des lignes et l’élégant portail central pourvu de panneaux vitrés et d’une imposte. Au Québec, le cottage orné est parfois appelé cottage anglo-normand, puisqu’il synthétise les deux traditions; chez nos voisins, il prend le nom d’Ontario Regency Cottage.

Devenue un centre de diffusion culturelle, la Maison Hamel-Bruneau présente régulièrement des expositions sur les arts et les sciences et offre à ses visiteurs des activités variées.